Éveil et ego spirituel : comprendre le piège de la “lumière” identitaire

Résumer avec l'IA :

Sur le chemin de l’éveil spirituel, beaucoup ressentent un appel profond, une sensation de reconnexion à quelque chose de plus vaste que le quotidien. Ce mouvement intérieur peut être bouleversant, libérateur, et parfois aussi très déroutant. Entre élans du cœur, synchronicités, nouvelles perceptions et changement de priorités, une phase d’enthousiasme s’installe. Pourtant, au milieu de cette ouverture, un piège discret se tisse souvent : celui de l’ego spirituel, cette forme d’identité qui se reconstruit autour de la “lumière”, des étiquettes et des rôles “éveillés”. Il ne s’agit pas de juger, mais de comprendre comment une quête sincère peut se transformer, sans même s’en rendre compte, en nouvelle prison intérieure.

Ce texte t’invite à observer finement ce qui se joue en toi lorsque tu te dis “éveillé”, “ancien”, “flamme jumelle”, “artisan de lumière” ou “avancé sur le chemin”. Ces mots peuvent soutenir, mettre du sens, mais aussi enfermer, séparer et nourrir un sentiment de supériorité ou d’exception. Derrière chaque concept se cache une question essentielle : est-ce que cela ouvre davantage ton cœur, ou est-ce que cela durcit tes frontières avec les autres et avec toi-même ? Pour éclairer cette zone sensible, il sera question des origines de ce phénomène, de ses effets concrets sur ton équilibre, d’une nouvelle manière d’envisager la spiritualité, et d’outils pratiques pour rester aligné, ancré et honnête avec toi-même, même au cœur des plus belles expériences de lumière.

  • Éveil et identitĂ© : comment la quĂŞte spirituelle peut se transformer en costume identitaire brillant mais limitant.
  • Ego spirituel : comprendre ses mĂ©canismes, ses signes et ses consĂ©quences sur tes relations et ton chemin intĂ©rieur.
  • Nouvelle vision : passer d’une spiritualitĂ© de statut Ă  une spiritualitĂ© vivante, humble et incarnĂ©e.
  • Outils concrets : pistes, rituels simples et questionnements pour garder le cap au quotidien.
  • Chemin d’évolution : replacer l’éveil dans un processus par Ă©tapes, oĂą vulnĂ©rabilitĂ©, corps et humanitĂ© ont toute leur place.

Éveil spirituel et construction de l’ego de lumière : d’où vient le piège identitaire ?

Quand une personne comme Lise, 33 ans, découvre soudain qu’elle ressent les émotions des autres, qu’elle fait des rêves prémonitoires ou qu’elle traverse une puissante nuit noire de l’âme, tout son univers de référence est bousculé. Elle ne comprend plus ce qui lui arrive, se sent à la fois perdue et profondément appelée par une force intérieure. Comme beaucoup, elle commence à chercher des repères : livres, vidéos, stages, communautés en ligne autour de l’éveil, de la médiumnité, de la cinquième dimension. Ce besoin de sens est sain, presque vital. Mais c’est souvent là que se glisse, sans bruit, la reconstruction d’un nouveau personnage spirituel.

L’ego spirituel ne naît pas d’une mauvaise intention. Il se forme comme une tentative de se sentir à nouveau en sécurité. Après un choc intérieur, le mental essaie de réorganiser le chaos en créant une histoire : “je suis différent”, “je suis éveillé”, “je vois ce que les autres ne voient pas”. S’y ajoutent les récits entendus sur les “élus”, les “âmes anciennes”, les “travailleurs de lumière”. Le langage change, les références aussi. Souvent, cela procure d’abord un vrai soulagement : enfin, une case dans laquelle se reconnaître, une appartenance, un groupe où l’on se sent moins seul.

Historiquement, les traditions spirituelles ont toujours mis en garde contre ce phénomène. Les mystiques parlent de “piège de la sainteté”, les maîtres zen d’“illumination collée à l’ego”, les soufis de “se prendre pour le guide au lieu de suivre la voie”. Aujourd’hui, avec l’abondance de contenus en ligne, ce processus est simplement plus rapide et plus visible. Une expérience d’éveil spirituel ou quelques symptômes d’ouverture de conscience suffisent parfois à alimenter toute une identité, avec son vocabulaire, ses certitudes, ses frontières.

Ce qui est subtilement trompeur, c’est que cette identité “de lumière” se fonde souvent sur de vraies expériences : ressentis énergétiques, frissons dans le corps, signes répétés, perceptions médiumniques. Même les manifestations étranges, comme les frissons liés à l’éveil spirituel, peuvent devenir des preuves rassurantes que “quelque chose de spécial” est en train de se passer. Le problème ne vient pas de ces expériences en elles-mêmes, mais de la manière dont elles sont récupérées par le mental pour se valoriser ou se distinguer.

L’environnement joue aussi un rôle clé. Dans certains cercles, parler de “guides”, de “vies antérieures” ou de “missions d’âme” attire une forme de reconnaissance : plus tu sembles connectée, plus tu es écoutée. Pour quelqu’un qui s’est longtemps senti en marge ou incompris, cette reconnaissance peut être addictive. Sans s’en rendre compte, la personne commence à se définir prioritairement par ses perceptions, ses visions, ses connexions, au détriment de son humanité simple, de ses fragilités, de son quotidien très concret.

Au fond, le piège de la “lumière identitaire” naît de ce mélange délicat : une vraie ouverture spirituelle, des blessures anciennes de rejet ou de dévalorisation, et un environnement qui valorise surtout ce qui est spectaculaire, “élevé” ou ésotérique. Reconnaître ce contexte permet déjà de relâcher la culpabilité et de voir l’ego spirituel comme un mécanisme de protection, pas comme une faute morale. Le vrai enjeu devient alors : comment garder le cœur de l’éveil, sans se laisser happer par le costume qui va avec.

  Ascension spirituelle : reconnaĂ®tre les symptĂ´mes de ton Ă©lĂ©vation vibratoire
découvrez comment distinguer un véritable éveil spirituel du piège de l’ego accroché à une identité de lumière, pour avancer avec authenticité sur votre chemin intérieur.

Quand le besoin de se sentir spécial prend la forme de lumière

L’histoire de Lise illustre une dynamique fréquente : un sentiment ancien d’être “à part” trouve soudain une explication spirituelle. Là où, enfant, elle se sentait trop sensible, trop émotive, elle se découvre maintenant “empathique”, “clair-sentiente”. Là où elle se croyait fragile, elle se voit “ancienne âme”. Ce renversement de regard est précieux, car il redonne de la valeur à des qualités longtemps jugées comme des faiblesses. Mais quand ce renversement devient une étiquette figée, la souplesse intérieure disparaît.

Peu à peu, la personne commence à trier son entourage : ceux qui “comprennent” et ceux qui “dorment”. Elle se sent en mission, ressent le besoin d’éveiller les autres, d’expliquer, de convaincre. Parfois, ce zèle traduit un réel élan de partage. Pourtant, lorsque cet élan s’accompagne d’impatience, de jugement ou de dénigrement de la matière, c’est souvent le signe que l’ego s’est juste rhabillé en vêtements de lumière. Là encore, il ne s’agit pas d’accuser, mais d’observer : est-ce que cette façon d’aborder la spiritualité relie, ou est-ce qu’elle sépare ?

L’insight clé de cette première partie : l’ego spirituel naît rarement d’une mauvaise intention, mais d’un besoin de se sentir exister et en sécurité au milieu d’expériences qui dépassent le mental.

Conséquences de l’ego spirituel : quand la lumière identitaire freine ton évolution

Une fois la “nouvelle identité lumineuse” installée, les effets se font sentir dans toutes les sphères de la vie. Sur le moment, certaines conséquences peuvent même sembler positives : plus de confiance, plus d’assurance, plus de prise de parole. Pourtant, si l’on regarde de plus près, l’ego spirituel crée souvent un décalage profond entre l’image que la personne donne d’elle-même et ce qu’elle vit réellement à l’intérieur. C’est ce décalage qui finit par fatiguer, isoler, voire épuiser.

Pour mieux comprendre, imagine Victor, en reconversion vers les métiers de l’accompagnement. En quelques mois, il découvre la méditation, le magnétisme, puis se forme à la lecture d’âme. Rapidement, ses proches commencent à le consulter, il se sent valorisé, utile. Il se présente comme “connecté aux guides” et “travaillant avec la lumière”. En surface, tout semble aligné. Mais dès qu’il traverse une baisse d’énergie, une crise émotionnelle ou un doute, il se sent en échec : “Je ne devrais pas vivre ça, je suis censé être éveillé.” Ce type de discours intérieur est un signal fort que l’ego spirituel a pris les commandes.

Les impacts se manifestent aussi dans le rapport au corps et aux émotions. Quand la lumière devient une identité, la personne peut rejeter tout ce qui ne correspond pas à cette image : colère, jalousie, tristesse, pulsions. Ces aspects sont alors catalogués comme “non évolués”, “pas spirituels”. Plutôt que d’être accueillis comme des messagers, ils sont refoulés ou recouverts de positivité forcée. Cette attitude crée une sorte de dissociation intérieure, comme si une partie de soi devait rester dans l’ombre pour que la façade lumineuse reste intacte.

Dans les relations, les effets peuvent être encore plus visibles. L’ego spirituel a tendance à nourrir une position de “celui qui sait”. Même discrète, cette posture influence les échanges : conseils donnés sans demande, analyses énergétiques permanentes, tendance à interpréter chaque conflit sous l’angle “vibratoire” plutôt que d’assumer simplement ses torts ou ses besoins. À long terme, cette dynamique peut créer de la distance, voire de la souffrance, chez les proches qui se sentent jugés, incompris ou instrumentalisés au nom de l’éveil.

Pour les personnes qui envisagent d’ouvrir une activité d’accompagnement, le risque est de confondre visibilité et justesse. L’ego spirituel pousse parfois à afficher un niveau de maîtrise qui n’est pas encore intégré : se proclamer “guide”, “maître” ou “canal pur” sans avoir traversé un travail profond sur ses propres blessures. Ce décalage demande une énergie énorme à maintenir, ce qui explique pourquoi tant de praticiens en devenir vivent un jour une forme d’effondrement, une “chute du piédestal intérieur” qui ressemble à une nouvelle nuit noire de l’âme.

Une autre conséquence importante se trouve dans la relation à l’apprentissage. Quand l’ego est construit autour de la lumière, il devient difficile de se reconnaître débutant, d’accepter un cadre ou une supervision. Pourtant, la voie médiumnique est exigeante et nécessite justement ce retour constant à la posture d’élève. Sans cette humilité, la progression se fige. Les perceptions tournent en boucle, les mêmes scénarios relationnels se répètent, et la personne a l’impression de “stagner” malgré sa pratique.

Pour t’aider à identifier plus clairement ces dynamiques, voici un tableau comparatif simple :

Aspect observé Élan d’éveil équilibré Ego spirituel en action
Relation à soi Curiosité, accueil des émotions, droit à l’erreur Exigence de perfection, rejet des failles, honte des “rechutes”
Relation aux autres Écoute, horizontalité, reconnaissance de l’égalité Posture de “sachant”, jugement des “non éveillés”
Rapport au corps Respect du rythme, écoute des besoins physiques Déconnexion, mépris de la fatigue, fuite dans l’astral
Apprentissage Ouverture aux formations, supervision, remise en question Refus du cadre, certitudes rapides, “tout vient des guides”
Vision de la vie Spiritualité dans le quotidien, ancrage concret Recherche du spectaculaire, rejet du “normal”

Identifier ces différences ne sert pas à s’auto-critiquer, mais à repérer justement où l’énergie se crispe. Chaque fois qu’une rigidité, une pression ou un besoin de paraître se manifestent, c’est une invitation à revenir à plus de simplicité. La véritable progression ne se mesure pas au nombre de visions ou de messages reçus, mais à la profondeur avec laquelle ces expériences transforment ta façon d’aimer, de parler, de choisir.

L’insight clé ici : ce n’est pas l’éveil qui blesse ou isole, c’est la manière dont l’ego s’en empare pour en faire un statut, au lieu d’en faire un chemin vivant.

  L’éveil de conscience planĂ©taire : quand l’humanitĂ© se transforme de l’intĂ©rieur

Changer de regard : vers une spiritualité incarnée, humble et sans costume

Pour sortir du piège de la lumière identitaire, il ne s’agit pas de renier ses expériences, ni de redevenir “comme avant”. Il s’agit plutôt de déplacer le centre de gravité : passer d’une spiritualité centrée sur l’image de soi à une spiritualité incarnée, qui embrasse pleinement le corps, les émotions et la réalité concrète. Cette bascule se fait rarement d’un coup. Elle ressemble davantage à une série de petits ajustements, d’honnêtetés avec soi-même, qui finissent par changer le paysage intérieur.

Un des premiers changements consiste à voir l’éveil spirituel non pas comme un état figé, mais comme un mouvement par étapes. Les ressources autour des différentes phases de l’éveil montrent bien à quel point ce processus alterne ouvertures, effondrements, intégrations. Dans cette vision, il devient normal de passer par des moments de doute, de fatigue, voire de colère contre le “spirituel” lui-même. Ces temps ne sont plus des preuves d’échec, mais des passages nécessaires pour désenfler l’ego et revenir à quelque chose de plus vrai.

Une autre façon de changer de regard est de remettre le corps au centre. Plutôt que de chercher sans cesse à “monter en vibration”, il devient précieux de se demander : “Comment mon corps vit-il cette expérience ? Respire-t-il mieux ? Se détend-il ? Ou se contracte-t-il sous la pression d’être toujours dans la lumière ?” La véritable ouverture de conscience passe quasi toujours par une ouverture du cœur, qui se sent dans la poitrine, mais aussi dans le ventre, la gorge, les épaules. Quand le corps peut enfin respirer, la spiritualité cesse d’être un rôle et redevient une manière d’habiter sa vie.

Sur le plan relationnel, passer d’une identité spirituelle à une spiritualité vivante signifie accepter de ne plus avoir besoin d’être “en avance” sur les autres. Il devient possible de dire : “Là, je ne sais pas”, “Là, je me trompe”, “Là, j’ai besoin d’aide”. Paradoxalement, cette humilité ouvre souvent davantage la porte aux vraies perceptions médiumniques. Quand la pression de performance tombe, les messages des guides ou les intuitions peuvent circuler plus librement, car ils ne servent plus à nourrir l’ego, mais à soutenir la vie.

Pour les personnes qui se sentent appelées à accompagner, cette nouvelle vision implique de quitte l’idée de “sauver” pour entrer dans celle de “marcher avec”. L’accompagnant ne se place plus au-dessus, mais à côté. Il ne se présente pas comme un être parfait, mais comme quelqu’un qui a exploré certains territoires, qui continue d’apprendre et qui propose un cadre sûr. Cette posture est au cœur des approches sérieuses de formation à la médiumnité, là où la qualité du contenant humain compte autant que la puissance des outils énergétiques.

Ce basculement vers une spiritualité incarnée remet aussi en question la manière de vivre le quotidien. Plutôt que de chercher sans cesse des signes, des synchronicités spectaculaires ou des sensations fortes, l’attention revient à la trame simple de la journée : comment tu te lèves, comment tu manges, comment tu parles à ta famille, comment tu gères l’argent, le temps, le repos. Loin d’être “moins spirituelles”, ces situations sont souvent les plus initiatiques. Elles montrent concrètement si ton éveil reste dans la tête ou s’ancre dans ta manière d’être au monde.

L’insight clé de cette section : la vraie lumière ne demande pas d’étiquette pour exister. Elle se reconnaît à la qualité de ta présence, pas au nombre de concepts que tu maîtrises.

Pratiques concrètes pour déjouer l’ego spirituel au quotidien

Comprendre le piège ne suffit pas ; ce sont les gestes répétés qui transforment vraiment la posture intérieure. Pour apprivoiser l’ego spirituel sans le combattre, il est utile de disposer de repères simples, concrets, que tu peux appliquer dans ta vie de tous les jours. L’idée n’est pas d’ajouter une pression de plus, mais au contraire de t’offrir des espaces où tu peux te déposer, respirer et revenir à quelque chose de très vrai en toi.

Un premier outil puissant consiste à instaurer un temps régulier d’auto-observation bienveillante. Quelques minutes suffisent, le matin ou le soir, pour te poser ces questions : “Où ai-je cherché à paraître plus éveillé(e) que je ne le suis réellement ? Où ai-je caché une émotion derrière un discours spirituel ? Qu’est-ce que j’aurais besoin d’avouer, au moins à moi-même ?” Ces questions ne visent pas à te juger, mais à éclairer les zones de tension. Souvent, le simple fait de les voir avec honnêteté fait déjà tomber une couche d’ego.

Ensuite, il est précieux de cultiver des pratiques qui relient au corps de façon très simple : marche consciente, étirements, danse libre, respiration profonde. Avant une séance, une méditation ou une tentative de connexion subtile, prends quelques instants pour sentir tes pieds sur le sol, la densité de tes muscles, le poids de ton bassin sur la chaise. Ces gestes ramènent la conscience dans la matière, là où l’ego spirituel a moins de prise. Un corps vraiment habité laisse moins de place aux illusions.

Voici quelques pistes pratiques à intégrer progressivement :

  • Rituel de vĂ©ritĂ© quotidienne : chaque soir, noter un moment oĂą tu t’es senti très “spirituel”, puis te demander ce que tu ressentais rĂ©ellement Ă  l’intĂ©rieur.
  • Pratique d’ancrage : 5 Ă  10 minutes par jour Ă  marcher lentement, en silence, en ressentant chaque pas comme un choix de revenir sur Terre.
  • Pause Ă©motionnelle : dès qu’une Ă©motion jugĂ©e “non spirituelle” apparaĂ®t (colère, jalousie, honte), lui accorder au moins 3 respirations profondes avant de l’expliquer ou de l’“analyser Ă©nergĂ©tiquement”.
  • Temps sans langage spirituel : une demi-journĂ©e par semaine Ă  ne prononcer aucun mot du vocabulaire habituel (Ă©nergie, vibration, mission, etc.) pour retrouver une parole simple.
  • Moment de non-savoir : devant une question ou un tirage, accepter parfois de dire “je ne sais pas” et d’attendre que la rĂ©ponse mĂ»risse.
  Reconnexion Ă  soi : le chemin du retour vers ton ĂŞtre vĂ©ritable

Pour celles et ceux qui reçoivent des signes, rêves ou messages, il peut être aidant d’explorer une approche plus posée du lien avec l’invisible, en s’appuyant par exemple sur des ressources qui clarifient la relation aux messages des guides spirituels. Là encore, le but n’est pas de nier ces messages, mais de les replacer dans un cadre où le discernement, la patience et le respect de ta propre liberté intérieure priment sur le spectaculaire.

Enfin, travailler la capacité à “ne rien faire” est un antidote sous-estimé à l’ego spirituel. Accepter des moments sans méditation, sans tirage, sans pratique, où tu es juste avec toi-même, peut faire remonter des couches d’ennui, de vide ou de peur. Ces couches sont précieuses : ce sont souvent elles qui nourrissaient la quête compulsive de lumière. En les traversant avec douceur, tu découvres que ta valeur ne dépend pas de ce que tu fais spirituellement, mais de ce que tu es, simplement, ici et maintenant.

L’insight clé : plus tu acceptes de regarder tes zones d’ombre, tes limites et tes besoins, plus ta lumière devient stable, tranquille, et moins elle a besoin d’être vue ou validée.

Inscrire l’éveil dans un chemin de vie : de la crise identitaire à la renaissance intérieure

Quand l’ego spirituel commence à se détendre, beaucoup ont l’impression de “perdre” quelque chose : un statut, une intensité, un sentiment d’exception. Pourtant, ce qui tombe n’est souvent que le décor. Derrière, une spiritualité plus intime se révèle, moins spectaculaire mais plus solide. C’est là que l’éveil cesse d’être un événement pour devenir un fil conducteur discret, qui accompagne toute la vie, avec ses saisons, ses replis, ses renouveaux.

De nombreuses personnes traversent à ce moment-là une forme de vide, parfois vécue comme une “traversée du désert”. Les repères ne sont plus les mêmes, les anciens cercles vibrent moins, les pratiques ne procurent plus les mêmes sensations. Cette phase ressemble beaucoup à ce que certaines traditions décrivent comme une “seconde naissance”. Les ressources sur l’éveil spirituel comme renaissance montrent bien que ce moment n’est pas la fin du chemin, mais le début d’une autre manière d’être au monde.

Dans cette nouvelle phase, la solitude peut prendre une couleur différente. Elle n’est plus forcément synonyme d’isolement douloureux, mais d’espace pour se réajuster. Les réflexions sur l’éveil et la solitude peuvent alors servir de soutien : elles rappellent que ce retrait temporaire n’est pas un rejet du monde, mais un temps de réorganisation intérieure. Peu à peu, de nouvelles relations, plus authentiques, apparaissent, des liens où il n’est plus nécessaire de prouver sa lumière.

Pour les futurs praticiens, cette traversée est un passage clé. Elle enseigne la patience, la responsabilité, la capacité d’être avec quelqu’un en crise sans vouloir le “réparer” trop vite. Ceux qui ont rencontré leurs propres illusions et les ont traversées deviennent souvent des accompagnants plus justes. Ils connaissent de l’intérieur le besoin de se sentir spécial, la peur de retomber, la fragilité derrière le masque. Plutôt que d’entretenir ces masques, ils invitent à les déposer en douceur.

Inscrire l’éveil dans un chemin de vie, c’est aussi accepter que la spiritualité et le quotidien ne sont pas deux mondes séparés. La gestion de ton argent, ta manière de poser des limites, de dire non, de prendre soin de ton corps font partie intégrante de ta pratique. La quête d’extase ou de haute vibration perd de son urgence. À la place, un désir plus simple se pose : vivre une vie cohérente, où l’intérieur et l’extérieur se répondent.

Au fil du temps, la “lumière” cesse d’être un drapeau brandi pour devenir une qualité de présence silencieuse. On la reconnaît à quelque chose de très concret : un regard qui ne juge pas, une voix qui ne force pas, une capacité à rester là même quand c’est inconfortable. Cette lumière ne cherche plus à convaincre de son existence. Elle traverse les gestes, les choix, les silences. Elle ne nie pas l’ego, ne le diabolise pas ; elle le remet simplement à sa juste place : un outil au service de la vie, et non l’architecte de l’identité.

Dernier insight : le véritable défi n’est pas de devenir quelqu’un “de plus en plus lumineux”, mais de devenir quelqu’un de plus en plus vrai, avec ta part de ciel et ta part de terre, réconciliées dans un même mouvement.

Comment reconnaître si c’est vraiment de l’éveil ou juste de l’ego spirituel ?

Un éveil authentique se reconnaît moins à l’intensité des expériences qu’à leurs effets concrets : plus d’ouverture du cœur, plus de simplicité, plus de responsabilité dans tes choix. L’ego spirituel, lui, crée de la tension, un besoin de prouver, de convaincre ou d’être validé. Si tu peux accueillir tes émotions sans te juger, reconnaître tes erreurs et rester curieux de ce que tu ne sais pas encore, tu es sur une dynamique d’éveil réel, même si c’est inconfortable par moments.

Est-ce grave d’être passé par une phase d’ego spirituel ?

Non, c’est même très courant. La plupart des personnes en chemin spirituel traversent à un moment une phase où l’ego se reconstruit autour de la lumière. Le plus important est de le reconnaître sans honte, comme une étape d’apprentissage. Cette prise de conscience permet de gagner en humilité, en discernement et en sincérité, ce qui renforcera ensuite la qualité de ta pratique et de tes relations.

Comment ne pas perdre mes perceptions en lâchant mon identité spirituelle ?

Lâcher une identité spirituelle ne signifie pas renier tes perceptions, mais leur donner une autre place. En revenant au corps, au quotidien et à l’humilité, tu crées un terrain plus stable pour que les perceptions se déploient sans pression. Souvent, elles deviennent plus fines et plus ajustées, car elles ne servent plus à nourrir l’ego. Tu peux aussi poser l’intention de garder ce qui est juste pour toi, tout en laissant partir le besoin de te définir par tes dons.

Quels premiers pas concrets pour apaiser mon ego spirituel ?

Tu peux commencer par trois gestes simples : dire parfois ‘je ne sais pas’ au lieu d’inventer une explication spirituelle ; consacrer chaque jour quelques minutes Ă  sentir ton corps sans rien analyser ; et observer une fois par semaine un moment oĂą tu as voulu paraĂ®tre plus Ă©veillĂ©(e) que tu ne te sentais rĂ©ellement. Ces petites pratiques rĂ©pĂ©tĂ©es crĂ©ent un espace intĂ©rieur oĂą l’ego se dĂ©tend naturellement, sans combat ni culpabilitĂ©.

Puis-je quand même me former à la médiumnité si je repère de l’ego spirituel en moi ?

Oui, Ă  condition de choisir une formation qui valorise l’ancrage, l’éthique et la supervision, plutĂ´t que la recherche de pouvoirs ou de labels. Le fait de repĂ©rer de l’ego spirituel en toi est mĂŞme une ressource, car cela t’incitera Ă  rester vigilant et honnĂŞte pendant ton apprentissage. L’important est de te rappeler que tu restes en chemin, que tu continues d’apprendre, et que ta valeur ne dĂ©pend pas de ton niveau de ‘lumière’ mais de ta capacitĂ© Ă  ĂŞtre vrai, responsable et reliĂ©.

Résumer avec l'IA :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut